L’annuaire des fournisseurs, produits, solutions en gestion des risques

Recherche d'informations ? d'un fournisseur ? d'un produit ?

Nuisances sonores : comment s’entendre en toute sécurité ?

Indissociable de toute activité, le bruit est invisible, impalpable et difficile à maîtriser. Pourtant, il est bien présent et les risques de nuisances pour l’oreille sont importants.

Introduction

A quel moment un bruit devient-il une nuisance ? Quelles solutions s’imposent ? Si le traitement des nuisances sonores reste très complexe, les réponses produits apportées témoignent d’une mobilisation effective en faveur de la protection des individus exposés.

Une maladie professionnelle…

En France, près de 7 % des salariés, soit 1 200 000 individus, subissent pendant plus de 20 heures par semaine des bruits, chocs ou impulsions dépassant 85 dB, c’est-à-dire des bruits nocifs. En 2005, plus de 1 200 cas d’atteintes auditives ont été considérés comme maladies professionnelles et réparés pour un coût direct de 116,3 millions d'euros pour les entreprises. Au niveau européen, la perte auditive est reconnue comme la 4ème maladie professionnelle.

… aux multiples effets…

Les dégâts provoqués par une exposition au bruit sont d’intensité variable : fatigue auditive réversible, traumatisme sonore, surdité professionnelle irréversible. Tous effets insidieux qui, dans le dernier cas, n’apparaissent parfois qu’au bout de plusieurs années. Les nuisances sonores produisent également des effets « extra-auditifs » : fatigue chronique, perte du sommeil, problèmes de concentration, stress, troubles cardio-vasculaires et digestifs. Enfin, le bruit peut être un facteur d’accident du travail (non perception des signaux d’alerte, perturbation de la communication verbale, perte d’attention).

… et qui peine à se faire entendre

En Europe, 67 % des salariés se disent gênés par le bruit et 88% pensent que leur employeur doit prendre des mesures de prévention (sondage Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au Travail). « Face au bruit, les salariés restent assez inégaux », confie Olivier Lamblin, gérant de la société ECIB. « Tout est fonction du contexte : certains opérateurs sont amenés à travailler à 95 dB, au-delà du seuil légal et d’autres, à 75 dB, ne parviennent pas à travailler. Appliquer une loi reste difficile. Une mise aux normes acoustiques est un processus qui demande souvent plusieurs années. Si une entreprise possède plusieurs lignes de fabrication et n’en protège qu’une partie, le gain acoustique est presque nul. Le bruit atténué sera couvert par le bruit le plus important. »

Au plus près des opérateurs

La conscience du bruit et de ses dégâts acquise, les protections auditives individuelles font l’objet d’attentes précises en matière d’atténuation sonore. Bouchons, casques, arceaux… la plupart des modèles déclinés sur ces typologies d’EPI proposent plusieurs niveaux d’atténuation (haute, moyenne, basse) pour répondre à la diversité des environnements. « L’amplitude d’atténuation des produits Aearo est très large, nos produits offrant une atténuation de 14 dB jusqu’à 39 dB. Entre ces valeurs, nous proposons des niveaux intermédiaires : 25, 26, 31, 33, 36 et 38 dB », précise Marc Gabilly (Aearo Technologies).

Nuisances sonores, le cadre réglementaire

Le bruit fait l’objet d’une réglementation dont l’application la plus récente est la transcription de la directive européenne 2003/10/CE par le décret n°2006-892 (19 juillet 2006). Les principaux objectifs de cet aménagement concernent l’abaissement des seuils d’exposition. A partir de 80 dB (anciennement 85 dB) pour 8 heures d’exposition, une protection est conseillée. Elle est obligatoire à partir de 85 dB. Le décret introduit également la notion de valeur limite d’exposition de 87 dB (valeur à ne pas dépasser, compte tenu du port de protection individuelle).

Protections collectives, les solutions en amont

es solutions de protection collective agissent à différents stades : en amont (action sur les équipements, modification des procédés de fabrication, aménagement des locaux), à la source (dispositifs d’affaiblissement du son), sur la propagation du son (encoffrement, cloisonnement, isolation). Olivier Lamblin, gérant de la société ECIB, apporte un éclairage sur les applications proposées par son entreprise :
« En tant que spécialistes en insonorisation industrielle, nous fabriquons des solutions agissant en majorité sur la propagation du bruit : encoffrement, capotage machine. Nous proposons également des solutions destinées à protéger l’opérateur à son poste, à l’aide de pupitres acoustiques, par exemple. Nous élaborons aussi des solutions de correction acoustique comme les plafonds de baffles. Mais la protection phonique la plus courante reste le capotage machine (moteurs, ventilateurs, groupes électrogènes…), muni de silencieux pour la ventilation et l’échappement. Les niveaux d’atténuation sonore sont variables et dépendent de nombreux paramètres, à commencer par la machine elle-même. Partant d’un niveau de 110 dB, nous pouvons réduire le bruit à 70 dB, soit un gain de 40 dB. Mais sur le terrain, les contraintes sont nombreuses. Prenons par exemple une ligne d’assemblage automatisée. Nous n’avons pas toujours la possibilité d’enfermer l’ensemble. Dans ce cas, la norme se tient autour de 85 dB au lieu de 80. »

En savoir plus


Retrouvez les 2 interviews relatives à ce dossier :
- Nuisances sonores : point de vue d'un fabricant
- Nuisances sonores : paroles d'experts : Pour être efficace, une protection doit être portée à 100% du temps passé au bruit

Cet article est extrait du Magazine PIC n°50 / Avril - Mai 2008.
Pour plus d'information sur nos publications, contactez Juliette Bonk.

Espace offreur


Dossiers thématiques

Actualités - [07.07.08]

Risques professionnelles : Nanoparticules : le Conseil économique et social prône la prévention et la recherche

Le 12 juin dernier, le Conseil économique et social (CES) a publié un avis concernant les risques liés aux nanotechnologies…