La loi oblige les entreprises à envisager des solutions en amont avant d’engager ses salariés à porter des protections individuelles. Sur le terrain, la réalité est souvent différente :
« En arriver à porter des protections individuelles témoigne d’un échec des entreprises à engager les actions nécessaires contre le bruit. L’évolution de la législation n’a pas tant incité les entreprises à faire ce qu’il fallait. » (Olivier Thomasset, Responsable commercial EPI MSA Gallet). Le recours aux protections individuelles demeure donc une solution largement adoptée, pour des raisons de coût et de simplicité.
Entre bouchons d’oreille et casques anti-bruit, les tendances et les motivations sont variables et dépendent autant de l’utilisateur que du bruit auquel il s’expose. « L’environnement de travail et le niveau de confort vont déterminer la préférence, avance Marc Gabilly (Aearo Technologies). Les bouchons d’oreille sont souvent utilisés sur des postes où la nuisance sonore est permanente, parce qu’ils sont légers et en général mieux tolérés dans le cas d’un port prolongé. Pour des expositions ponctuelles, l’utilisateur va plutôt choisir un casque anti-bruit. Mais il y a aussi des raisons pratiques, comme dans le BTP, adepte des coquilles adaptables aux casques de chantier. » À chacun d’envisager les vices et vertus de chaque type d’EPI. « Le casque exerce une pression sur l’oreille. Cette pression est nécessaire mais peut se révéler gênante. Ensuite, le coussinet qui contourne l’oreille peut donner une sensation de chaleur désagréable. Cela dit, avec un casque, l’utilisateur bénéficie d’une protection efficace quoi qu’il arrive. » (Olivier Thomasset, MSA Gallet) Les arceaux anti-bruit, pratiques et hygiéniques, ont aussi leurs limites : « les bouchons auxquels l’arceau est relié se contentent d’obstruer l’entrée de l’oreille, avec une perte d’efficacité notable. Ensuite, l’arceau crée un effet de résonance lié aux frottements sur le cou, les vêtements. » (Olivier Thomasset, MSA Gallet).
Choisir l’EPI le plus adapté ne suffit donc pas à garantir une sécurité optimale. En témoignent les défauts d’utilisation des bouchons d’oreille. « Ils représentent une solution peu performante. Le niveau d’atténuation est très théorique car il implique que l’utilisateur les introduise parfaitement, ce qui n’est pas le cas. Lorsque l’on compare un casque et des bouchons au niveau d’atténuation similaire, la réalité est bien différente. Les bouchons sont pratiques et souvent moins chers mais restent des solutions temporaires » (Pierre Dizier, Responsable Export JSP). Olivier Thomasset (MSA Gallet) confirme : « Nombre d’utilisateurs se contentent d’enfoncer les bouchons dans les oreilles alors qu’il est nécessaire d’obstruer totalement le conduit auditif. Sans cette précaution, l’efficacité est presque nulle. » Par ailleurs, l’utilisateur se doit d’observer la plus grande vigilance dès lors qu’il est exposé au bruit : « Pour être efficace, une protection doit être portée à 100 % du temps passé au bruit », explique Marc Gabilly (Aearo Technologies). « Si un opérateur enlève son casque ou ses bouchons, ne serait-ce que 5 ou 10 minutes, ce laps de temps réduit ou annule l’efficacité des protections. Cette mise en garde est un point fort de notre prévention en entreprise, car nombreux sont les utilisateurs qui ignorent encore ce risque. Le taux d’équipement des entreprises en protections auditives est une donnée à manipuler avec précaution, elle ne témoigne en rien du bon usage de celles-ci. »
L’exposition aux nuisances sonores est un élément à prendre en compte dans le déclenchement de certains AT : un environnement sonore agressif engendre des pertes de concentration, d’attention et de la fatigue. Marc Gabilly (Aearo Technologies) constate « que le port de protections a une action bénéfique sur l’ensemble des AT. En général, lorsque le taux d’équipement en protections auditives augmente dans un atelier, la fréquence des accidents a tendance à diminuer dans les mêmes proportions. » Attention cependant, car la surprotection auditive est également source de risques. « Le problème de la surprotection a été mis en évidence par l’évolution de la législation et l’abaissement des seuils de bruit. Si un utilisateur est surprotégé, il risque de perdre la notion de l’espace, de ne pas entendre les signaux d’alarme, les avertisseurs de chariots… C’est pourquoi nous avons élaboré une gamme « basse atténuation » (14 dB) permettant à l’utilisateur de pouvoir converser normalement tout en étant protégé. » Marc Gabilly (Aearo Technologies)
L’avènement sur le marché, il y a moins de 10 ans, de l’électronique embarquée sur les casques et les bouchons moulés a fait évoluer de façon notable les potentiels des protections. En matière de sécurité, avec des systèmes d’atténuation électroniques, mais aussi en matière de communication, avec des modèles équipés de systèmes de transmission ou encore de récepteurs FM. « Les enjeux technologiques sont concentrés sur la maîtrise des niveaux d’atténuation par fréquence, d’où l’utilisation de procédés électroniques pour contrôler le niveau d’atténuation idéal au temps t. » (Pierre Dizier, Responsable Export JSP). Mais « encore faut-il faire la différence entre un système actif composé de filtres, offrant une amélioration à peine perceptible, et un système électronique permettant, à l’aide de deux micros, de capter uniquement les fréquences vocales. » (Olivier Thomasset, Responsable commercial EPI MSA Gallet). « Pour résumer, l’électronique a une double application : premièrement, garder le contact avec son environnement, voire l’amplifier pour percevoir les fréquences de la voix. Deuxièmement, protéger l’utilisateur en écrêtant à 82 dB ou en se coupant totalement. » Marc Gabilly (Aearo Technologies)
Les instruments de mesure du bruit de la société anglaise Cirrus Research sont utilisés dans le monde entier pour adopter les solutions de protection auditives adéquates. Vincent Langlard, P-DG Cirrus France Ltd, détaille les applications d’un sonomètre et d’un dosimètre : « La plupart du temps, les études sonométriques et dosimétriques se complètent. Le sonomètre permet d’identifier les zones à risques et d’adopter la solution collective adéquate. Le dosimètre identifie l’exposition au bruit de l’individu pour préconiser une éventuelle protection individuelle. Pour effectuer une mesure de bruit ponctuelle à l’aide d’un sonomètre, l’utilisateur doit d’abord calibrer le sonomètre à l'aide d'un calibrateur acoustique, nécessaire pour effectuer une mesure fiable au décibel près. Les valeurs obtenues par le sonomètre permettent de dessiner une cartographie du bruit identifiant les zones à risques ; chaque mesure étant valide lorsque le LAeq (niveau d’intensité acoustique) s'est stabilisé, au bout de 5 à 15 minutes en général. Il permet également de mesurer le bruit par bandes d’octave et de fournir une étude plus précise d’un bruit à risque pour déterminer les fréquences nocives. Une analyse essentielle pour choisir la protection la plus adaptée. Un sonomètre permet également l’évaluation de la dose de bruit. En récréant le parcours d’un opérateur pendant la journée, on peut déterminer les diverses expositions au bruit. Cette étude est complétée par les résultats du dosimètre, qui est un instrument de mesure réelle. Notre dosimètre, le doseBadge, se pose sur l’épaule et, sans le gêner, accompagne l’utilisateur pendant 8 heures, au terme desquelles on obtient le Lex, indication réelle de son exposition au bruit. C'est cette valeur qui devra être comparée à celles de la directive « bruit » de juillet 2006. »
Olivier Thomasset, responsable commercial EPI, nous explique pourquoi MSA Gallet a résolument tendu l’oreille aux besoins et à la morphologie de l’utilisateur.
« La gamme left/RIGHT s’articule autour de cinq points innovants. Tout est parti d’un constat : l’oreille présente un angle d’inclinaison par rapport à la tête, mais tous les casques ignorent ce détail et présentent des coquilles alignées par rapport à l’axe vertical de la tête. La gamme left/RIGHT possède des coquilles inclinées par rapport à cet axe et tient compte de cette particularité. Nos casques ont donc un côté droit et un côté gauche, un véritable sens de port. L’oreille possède une autre particularité, une cavité située derrière la base du pavillon. Les coussinets des coquilles left/RIGHT sont profilés de façon à épouser cette cavité, avec un objectif double : étancher l’oreille au maximum et soulager la pression exercée sur l’oreille. Troisièmement, nous proposons trois niveaux d’atténuation pour un prix unique. C’est important pour l’utilisateur, qui ne choisit plus en fonction de son budget mais de ses besoins réels de protection. La quatrième innovation réside dans les trois couleurs disponibles pour tous les produits de la gamme. Le blanc est destiné à l’industrie pharmaceutique, l’agro-alimentaire, le nucléaire et la micro-électronique. Le jaune fluo est destiné aux métiers où l’utilisateur doit être repéré correctement : aéroports, activités portuaires, BTP, voirie, services municipaux… Le bleu est destiné à l’industrie au sens large. Le casque devient un élément d’identification supplémentaire avec un code couleur approprié, en fonction d’une segmentation métiers. Cinquième avantage : le look, pour donner envie de porter une protection auditive ! »
• Traçabilité des EPI, Risques chimiques, Allergies, etc.
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Alors que la première étape de Reach, dont l’objectif vise à évaluer et à enregistrer les quelques 30 000 substances chimiques fabriquées ou importées dans l’Union Européenne, touche à sa fin, force est de constater que les entreprises françaises sont très en retard…